Maison de santé pluriprofessionnelle

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Maison de Santé Pluriprofessionnelle : l’attractivité au service des patients

À l’heure où le gouvernement s’attèle à l’épineuse question des déserts médicaux, Mende et ses professionnels de santé ont pris les devants en actant l’ouverture d’ici 2024 d’une Maison de santé pluriprofessionnelle.

 

C’est à l’intersection des avenues Mandela et Victor Hugo que débutera, début 2023, l’édification de la future MSP. Le bâtiment de 1 400 m², imaginé par le cabinet d’architectes Bonnet & Teissier – à qui on doit déjà l’Espace Évènements Georges Frêche – abritera quatre pôles, comprenant un laboratoire d’analyses, des médecins et des infirmiers, des kinésithérapeutes et des dentistes. « Soit une quinzaine de professionnels, explique Laurent Suau. Nous avons également prévu un étage au-dessus du pôle des médecins pour accueillir de futurs généralistes. »

Car c’est bien l’ambition majeure de ce projet : attirer des médecins sur notre territoire. En septembre le journal Marianne publiait une grande enquête sur les déserts médicaux, étudiant parmi 316 villes les temps d’attente pour obtenir un rendez-vous médical. Arrivée 126ème, Mende ne s’en sort pas si mal. Mais si les délais pour consulter un spécialiste sont estimés entre un et cinq jours, ils s’allongent considérablement, toujours selon Marianne, lorsqu’il s’agit d’un médecin généraliste, avec 24 jours d’attente en moyenne.

 

Convaincre plutôt que contraindre

« Nous sommes tous conscients du déficit de praticiens sur le territoire », admet Nathalie Fraisse, Directrice générale des services mutualisés de la Ville et de la CDC Coeur de Lozère. D’autant que beaucoup de professionnels de santé vont partir à la retraite dans les prochaines années. Il nous faudra être attractifs pour en attirer de nouveaux. Ce nouvel outil va permettre de les accueillir, de mutualiser leurs moyens et de les sortir d’un certain isolement. » L’attractivité plutôt que la contrainte, à l’heure où les futurs médecins descendent dans la rue contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, qui tend à les inciter fortement à terminer leur cursus dans des zones dites « sous-dense ».

 

Ce projet de MSP s’inscrit dans une stratégie plus globale d’attractivité du territoire, au même titre, par exemple, que le développement de structures d’accueil pour les enfants : « C’est bien d’avoir des offres d’emploi, un joli cadre et une bonne économie, mais pour attirer de nouveaux habitants et de nouveaux professionnels, il faut impérativement développer les services », poursuit Nathalie Fraisse.

 

Une approche globale du patient

Plus qu’un bel outil pour les professionnels, la future MSP, en ville, proche de l’hopital, doté d’un grand parking, permettra également une meilleure coordination dans la prise en charge des patients : « Les praticiens vont pouvoir travailler de manière collégiale et confronter leurs expériences pour une prise en compte plus globale des patients. Une approche incontournable aujourd’hui. » Un projet qui se concrétise en Lozère alors qu’à l’échelle nationale l’Ordre des médecins, celui des infirmiers, des kinés et d’autres professionnels, viennent de conclure un accord historique de coopération, dont l’objectif est de favoriser les délégations de tâches afin de libérer du temps pour les médecins généralistes et donc pour leurs patients.

 

Un montage financier gagnant-gagnant

Côté financier, si la Ville porte ce projet à 5 millions d’euros, subventionné à 60% par l’État et la Région, elle récupérera les 40% investis sous forme d’emprunt à travers les loyers versés par les différents professionnels qui deviendront, au bout de vingt ans, propriétaires. « C’est un modèle intéressant, explique Laurent Suau, car en tant que collectivité nous avons pu bénéficier d’aides conséquentes, ce qui profite aux professionnels. D’un autre côté le fait qu’ils deviennent propriétaires assure, pour nous, la pérennité de ce dispositif sur long terme. »